obama

Un « Internet libre et ouvert ». Voilà le vœu qu’a formulé Barack Obama, lundi 10 novembre, à la Federal Communications Commission (FCC), l’autorité du marché des télécommunications aux Etats-Unis. Dans un communiqué, le président américain a notamment demandé à l’institution d’appliquer les règles « les plus strictes possibles » afin de préserver la neutralité d’Internet, martelant sa ferme opposition à un Internet à deux vitesses.

La FCC est chargée de mettre en œuvre de nouvelles règles d’encadrement du trafic Internet aux Etats-Unis. En mai, l’institution a adopté une proposition controversée qui ouvre la voie, contre paiement, à des lignes Internet plus rapides pour certains sites gourmands en bande passante. A ce titre, certains fournisseurs de contenu comme Netflix devraient ainsi payer des sommes énormes à des câblo-opérateurs pour permettre une connexion plus rapide pour leurs clients.

En d’autres termes, ces règles pourraient remettre en cause l’égalité de traitement dont bénéficient aujourd’hui tous les flux de données, quelle que soit leur origine ou leur destination.

SERVICE PUBLIC

Barack Obama a ainsi exprimé son opposition à ce projet de « priorisation payante ». « Nous ne pouvons pas permettre aux fournisseurs d’Internet de restreindre le meilleur accès [à Internet] ou de choisir des gagnants et des perdants sur le marché en ligne pour des services et des idées », souligne M. Obama dans le communiqué.

« La neutralité du Net est l’essence même d’Internet depuis sa création, mais c’est aussi un principe que nous ne pouvons pas prendre pour acquis. »

Selon Barack Obama, la FCC devrait ainsi garantir cette neutralité en considérant légalement l’accès à Internet à haut débit comme un service public, au même titre que l’accès à l’eau ou à l’électricité.

Comme le note le New York Times, si cette déclaration reste cohérente avec l’opinion historique de Barack Obama sur la question, c’est la première fois qu’il est aussi clair et aussi insistant.

Même si, en dernière analyse, la décision reviendra à la FCC, agence indépendante, et non à Barack Obama, le soutien de ce dernier à la neutralité du Net vient s’ajouter au déluge de commentaires réclamant sa garantie qu’avait reçu l’agence lorsque cette dernière avait demandé l’avis des internautes.

« PROFONDE PRÉOCCUPATION »

Le président de la FCC, Tom Wheeler, a salué lundi la contribution de M. Obama, mais a fait remarquer que certaines propositions pourraient poser des « problèmes légaux ».

L’association, qui représente les intérêts du secteur des fournisseurs d’accès, a pour sa part très vite fait part de sa « profonde préoccupation ». Selon Scott Belcher, le patron de Telecommunications Industry Association (TIA), aller contre la « priorisation payante » aurait des « conséquences négatives » pour les consommateurs et l’économie. Un autre groupe de pression, le USTelecom, a lui estimé que la prise de position de M. Obama était « contraire aux intérêts de la nation et au futur technologique de l’Amérique ».

 

Plus d’une centaine de groupes du secteur technologique, dont Microsoft, Google ou Facebook, avaient quant à eux publiquement exprimé leur opposition à cette proposition, dénonçant dans une lettre commune « une grave menace envers Internet ».


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